L’Histoire communale

Blaringhem:
Canton d’Hazebrouck-Nord
Arrondissement de Dunkerque
superficie: 1823 Ha
Population 2009: 2069 Habitants
Nom: Les Blaringhémois(es)
Cours d’eau: Le Canal de Neuffosé

Origine de Blaringhem

C’est en 1069 que l’on relève pour la première fois le nom de Blaringhem dans une lettre.

Suivant les sources, l’origine du nom de Blaringhem diffère et est discutée. La première hypothèse provient de BLARO (origine franque), du suffixe -ING qui indique sa descendance et du mot saxon HEM qui signifie demeure, foyer, habitat. La seconde hypothèse serait celle du foyer de BLAR, héros local ou de la région, ING voulant également dire descendance.

Les armoiries de Blaringhem

Le seigneur de Blaringhem avait ses armoiries : « écartelé aux premier et quatrième d’azur, un chevron d’or accompagné de trois étoiles à cinq raies, de même, aux deuxième et troisième quartier d’or, au chemin d’azur, accompagné de trois têtes de maures de sable tortillés d’argent ». Ces armoiries sont celles de Jean-Albert de Buisseret, dernier propriétaire féodal de la Terre de Blaringhem.

L’Église et l’histoire de Blaringhem

Les textes ont été puisés dans le livre “BLARINGHEM, le Village et la Paroisse au cours des siècles“, écrit par l’Abbé Charles Trocmé et publié en 1990.
Ce livre est disponible en Mairie au prix de 8 €.

A l’origine, Blaringhem ne possédait qu’une chapelle, datant probablement du XII° ou XIV° siècle.

Nous savons qu’entre 1518 et 1593, d’importants travaux d’agrandissement furent entrepris dans l’église, avec l’ajout à la chapelle d’origine, de deux vaisseaux latéraux, achevés en 1611. Blaringhem fut alors une véritable église-Hall, avec trois vaisseaux d’égale hauteur, d’égale longueur et d’égale largeur; chacun des vaisseaux était recouvert d’une toiture indépendante.

La tour, carrée et massive, placée à l’Ouest, mesure 45 mètres de hauteur. Elle est surmontée d’une flèche pyramidale à peine visible. Sous le beffroi existe une salle spacieuse percée de deux baies à l’est et à l’ouest, celles-ci permettant de surveiller à la fois la Flandre et l’Artois (le comté d’Artois en 1643 par Guillaume Blaeuw). Elle explique peut-être aussi l’existence d’une tour aussi imposante. Commencée en 1518, elle a très bien pu être construite comme élément de défense.

Son sommet est couronné d’une balustrade en pierre de Marquise qui entoure le chemin de ronde. Elle est sculptée et porte la date de 1625. Ces mêmes pierres blanches ont été utilisées pour rompre la monotonie de la brique rouge autour des fenêtres, des niches et du portail d’entrée. Etant donné sa hauteur imposante, elle devait constituer un observatoire idéal. C’est pourquoi, pendant la seconde guerre mondiale, les allemands l’ont utilisée comme poste d’observation et de défense anti-aérienne, ce qui lui valut de recevoir les bombes de l’aviation anglaise qui endommagèrent les fonds baptismaux, les orgues, les lambris et une partie des vitraux; l’ébranlant elle-même assez fortement, l’on jugea prudent de la consolider avec de puissants sommiers. Cette église avec sa tour imposante, de brique et de pierre, visible de très loin et ses trois vaisseaux couverts d’une toiture unique, constituait à l’époque une exception dans le paysage flamand.

Avant la révolution, le beffroi de la tour possédait trois cloches. Deux d’entre elles ont été réquisitionnées par les armées révolutionnaires. Les inscriptions visibles sur la cloche restante sont le lieu, la date, l’usine de fabrication, le nom des donateurs, parrains et curé de la paroisse. Il avait été constaté que les deux emplacements des cloches sont restés en très bon état et donc il était possible d’en ajouter deux nouvelles. C’est pourquoi, récemment, deux nouvelles cloches ont été placées dans ces deux emplacements laissés vacants pendant très longtemps.

1069-1745: la terre de Blaringhem

Blaringhem se situe sur la Melde à la jonction de la Lys.

Avant la révolution, deux parties définissaient Blaringhem : Blaringhem-Flandres et Blaringhem-Artois.

L’ancienne tranchée, dite de Neuffosé séparait la Flandre de l’Artois. Cette séparation traversait Blaringhem

C’est pour fortifier la ville d’Aire, vers 1065 que le comte de Flandre Baudouin V fit creuser un fossé d’Aire à Arques, connu aujourd’hui sous le nom de « Canal de Neuffosé »

Du 15 juillet 1288 jusqu’en avril 1745, la paroisse de Blaringhem fut placée sous l’autorité des Seigneurs de Tiennes et de Steenbecques. Le seigneur de Blaringhem avait ses armoiries. Ces armoiries sont celles de Jean-Albert de Buisseret, dernier propriétaire féodal de la Terre de Blaringhem.

A partir de 1801: Blaringhem vit au rythme des saisons

Durant les périodes suivantes, de 1815, date de la restauration des Bourbons, à l’avènement de la Deuxième République, le 25 Février 1848, la paix revient au village avec l’ouverture du marché intérieur, les progrès techniques, les transports routiers…. Entre 1851 et 1880, la production agricole augmente de 80%. “BLARINGHEM vit alors au rythme des saisons et des moissons“. C’est l’époque d’un regroupement de terres départies à la commune de Blaringhem.

La Poterie, une des plus anciennes fermes de Blaringhem, comprenait à ses débuts 10ha 3a et 43 ca. Elle fut longtemps exploitée par les Mordacq arrivés à Blaringhem vers 1780.

La ferme du Haut-Mont. Son premier propriétaire fut Bonpierre-Joseph Mordacq

La ferme de la Carnois.

Les fermes de la rue aux cailloux

La ferme Deram-Brisbout

1914-1918: la Première Guerre Mondiale

Le 4 août 1914, les Allemands, au mépris des traités et de sa neutralité, entrent en Belgique.

Envahi dès le début, le Nord de la France ne fut libéré que le 18 Octobre 1918. Les grandes villes n’existent pour ainsi dire plus (Lille, Cambrai, Lens…)
BLARINGHEM :

Au dire “des anciens de la commune“, Blaringhem ne connut pas l’invasion de 1914. Le village servait de zone de repos pour les troupes combattant en Flandre et en Artois. Beaucoup parlent des Anglais descendant du Mont Kemmel où se déroulaient de violents combats.

En 1918, quand apparurent les premiers avions de bombardement, quelques bombes tombèrent sur Blaringhem et dans les environs, ne causant fort heureusement que peu de dégâts.

Au lieu-dit “Le Tonkin“, rue du bois de l’Église, en haut du Mont d’Hiver, il y avait un canon à longue portée qui, chaque soir, durant un an, tirait vers le front.

Plusieurs centaines d’Anglais, après chaque relève, ont stationné au Croquet. Ils y avaient édifié un camp de tentes. La présence des Anglais au Croquet favorisa le commerce local.

Blaringhem connut beaucoup de deuils et de cas douloureux. Le monument aux morts de la guerre, pour 14-18, en témoigne. 72 enfants de la commune sont tombés au champ d’honneur. D’autres ont souffert de la captivité ou ont été grièvement blessés.

1939-1945: la Seconde Guerre Mondiale

Comme l’écrit “L’Écho de la Lys” dans ses éditions du 29.12.44 et du 16.03.45, les opérations militaires en 40-44 ont été brèves dans notre région qui a plutôt été une zone de décrochage. Néanmoins, il y a eu ça et là des points de résistance et des combats de retardement. Le pont de Blaringhem fut tant à l’invasion qu’à la libération l’un de ces points névralgiques.

Le 22 mai 1940, une poignée de soldats anglais armés d’une mitrailleuse et de quelques fusils, reçurent l’ordre de retarder l’avance des divisions blindées allemandes en direction de Dunkerque.

Le 23 Mai, le pont de Blaringhem saute. Les allemands ont pris position de l’autre côté du Canal. Tout le monde était déjà sur le qui-vive mais un autre évènement arrive: l’exode vers Lynde car la distillerie et la canal sont en feu. Blaringhem risque de sauter.

Il y eu quelques victimes et quelques dégâts matériels. Les maisons proches du pont furent plus ou moins endommagées. Deux d’entre elles furent entièrement détruites. La distillerie eut ses réservoirs d’alcool incendiés. Le même jour, les allemands mirent le feu à l’école des filles.

L’ancien pont tournant détruit ne fut remplacé qu’au début de 1944, par un magnifique et large pont supérieur qui nécessita d’importants travaux de terrassement qui durèrent des mois.

C’est alors que la Résistance entre en jeu. Officiellement son but est d’empêcher que les allemands, dans leur retraite fassent sauter, le pont appelé alors à avoir une grande importance stratégique pour la progression des armées alliées. C’est du reste dans ce but que le groupe de résistants de Blaringhem se prépara.

Cependant, le 3 Septembre, la résistance de Blaringhem, à coup sûr inexactement renseignée, commençait les hostilités prématurément. Dans la cour de l’école des filles, deux motocyclistes allemands furent surpris et fait prisonniers sans résistance. La Résistance, dans la nuit du dimanche au lundi suivant, se porta près du pont afin d’empêcher sa destruction, comme elle en avait reçu l’ordre. Au cours de cette nuit, de nouveaux contingents arrivèrent au village. Pris de panique, on décida malencontreusement de libérer les prisonniers, qui sans doute se mirent à parler.

Pierre Dhédin, 22 ans, qui patrouillait derrière la distillerie fut arrêté. André Plockyn, 32 ans, fut abattu sur la route au revolver. Gérard Bels, Edmond Vandewalle, tous deux de Racquinghem et Pierre Dhédin furent pris et emmenés à la distillerie où on les retrouva morts.

Commence alors la drôle de guerre. En novembre arrive un détachement de notre armée à Blaringhem et à Lynde. Les soldats provenant du midi de la France souffrirent du froid de l’hiver 39-40.

1977: Une commune rurale qui change de visage

C’est à partir de 1977, sous l’impulsion de M. Roland DELECROIX, un Maire jeune et dynamique et de la Municipalité, que le souffle nouveau aboutit aux réalisations suivantes:
- tout a commencé par le remembrement des terres de la commune qui a permis la restructuration des exploitations agricoles
- la constitution d’une réserve foncière communale d’une vingtaine d’hectares destinés à l’urbanisation, au développement du commerce local et à la réalisation de nombreux projets communaux.

L’élaboration d’un plan d’occupation des sols qui a permis :
- la création d’une zone industrielle sur laquelle est implantée la Cristallerie d’Arques à Blaringhem,
- les zones constructibles sur lesquelles ont été aménagés les différents lotissements
- l’aménagement du lotissement “Le Village” avec la construction d’une cinquantaine de maisons individuelles,
- l’acquisition de la salle de fêtes à l’évêché devenue salle des fêtes communale,
- la construction de la station d’épuration des eaux usées et du réseau d’assainissement permettant le raccordement à l’égout de l’ensemble des maisons du centre village,
- l’aménagement de la Résidence St-Martin et de la Résidence Canler, de la voirie et des réseaux desservant les quarante logements,
- la construction d’un atelier communal à proximité de la station d’épuration,
- l’aménagement d’un parking au pont d’Asquin et d’une nouvelle voirie de desserte des maisons de la cité des Tuileries,
- l’aménagement d’une nouvelle voirie reliant le Grand Croquet au Petit Croquet.

Et plus récemment,
- la construction d’un nouveau Groupe Scolaire de dix classes, l’aménagement des équipements sportifs, des espaces verts et de la voirie de desserte du nouveau Groupe Scolaire,
- la construction de la Mairie,
- le réaménagement et la rénovation du bureau de poste,
- la restauration intérieure et extérieure de l’église, de son mobilier, de sa tour, et le rééquipement de trois cloches de son beffroi,
- la construction de la résidence Les Hortensias par Logis 62 avec ses quarante logements destinés aux personnes âgées,
- la construction du complexe sportif : salle omnisports – courts de tennis – terrain multi-sports – terrains de football – piste d’athlétisme,
- la construction du court de pétanque couvert (boulodrome),
- l’aménagement de lotissements : route d’Hazebrouck, rue du Croquet, rue de La Mairie (dénommés le Champ Daine) et rue André Plockyn.

Et en cours :
- l’aménagement du lotissement Le Hamelet, de 17 parcelles individuelles,
- l’aménagement de la résidence du Cèdre Bleu par Logis 62 de 26 logements.

En résumé, durant ce dernier quart de siècle, plus de trois cents logements ont été construits et la population de Blaringhem est passée de 1358 à plus de 2000 habitants.